Technique d’accordage de piano – Avoir le coup de main pour 240 cordes

Le travail de l’accordeur et ses techniques d’accordage de piano

Un piano compte environ 240 cordes – chacune doit être tendue avec précision pour que l’ensemble sonne en parfaite harmonie. Ce travail de précision exige une oreille entraînée, de l’expérience, du ressenti et la bonne technique d’accordage de piano.

Qu’il soit fortement désaccordé ou légèrement instable : grâce à une technique d’accordage de piano en plusieurs passages, votre piano reste stable plus longtemps – et votre son conserve toute sa pureté.

Accord en trois phases : une technique d’accordage de piano fiable et durable

Dans ma technique d’accordage de piano, je commence par déterminer, à l’aide d’un logiciel, la hauteur moyenne de l’instrument. Pour cela, je mesure la fréquence d’une vingtaine de notes réparties sur l’ensemble du clavier. Ces valeurs me permettent d’établir le diapason moyen idéal du la3 – par exemple 438 Hz. Ce la de référence constitue le centre tonal à partir duquel se déduit la hauteur de toutes les autres 87 touches. Cette méthode minimise les modifications de tension des cordes et garantit un accord stable et durable.

Les pianos et pianos à queue qui doivent être accordés exactement à 440 Hz ou 442 Hz — par exemple pour des enregistrements en studio ou pour jouer avec d’autres instruments — nécessitent une deuxième séance lorsque leur diapason initial se situe à 436 Hz ou en dessous. Une seule intervention ne suffit pas, car une élévation importante de la tension des cordes ne peut pas se stabiliser durablement après un seul accord.

Lors du premier passage, j’accorde les cordes désaccordées légèrement au‑dessus ou au‑dessous de la hauteur cible : les cordes trop basses sont accordées un peu plus haut, les cordes trop hautes légèrement plus bas. Pendant cette phase d’environ une heure, les cordes se rééquilibrent naturellement et se rapprochent progressivement de la hauteur souhaitée.

Lors du deuxième passage, j’amène chaque corde précisément à sa hauteur définitive. Le troisième passage consiste en une écoute attentive, au cours de laquelle j’ajuste toutes les notes encore instables ou légèrement fausses. Certaines cordes doivent parfois être accordées une quatrième fois avant de se stabiliser de manière fiable.

Le résultat de ces trois passages est un accord durable, qui reste stable pendant plusieurs mois. Si votre piano est accordé chaque année, ou même plus souvent, sa stabilité s’en trouve nettement améliorée par rapport à un instrument qui n’a pas été accordé depuis de nombreuses années. Un entretien régulier fait donc partie intégrante d’une technique d’accordage de piano professionnelle.

Technique d’accordage de piano : accord précis des cordes d’un même chœur

Lorsque vous appuyez sur une touche du piano, jusqu’à trois cordes peuvent vibrer simultanément selon la hauteur du son. Cet ensemble de cordes – appelé chœur – constitue la véritable couleur sonore d’une note. Comme la tension de chaque corde évolue différemment avec le temps, les cordes d’un même chœur se déséquilibrent et le son commence à flotter ou à grésiller.

Grâce à une technique d’accordage de piano précise, les cordes d’un chœur sont réaccordées de manière parfaitement synchronisée. Deux ou trois cordes produisant la même note doivent vibrer à l’unisson pour garantir un son stable, clair et exempt de battements indésirables. Ce n’est que lorsque les cordes d’un chœur sont parfaitement accordées entre elles que la note peut s’intégrer harmonieusement aux autres chœurs du clavier.

Si les cordes d’un chœur ne sont pas accordées à la même hauteur, des battements audibles apparaissent ; dans les registres aigus, le son peut même devenir métallique ou strident. Dans la première octave, en revanche, chaque note ne possède qu’une seule corde épaisse, filée de cuivre, qui est accordée en fonction des chœurs situés au-dessus.

Grâce à cet accord minutieux des chœurs, la technique d’accordage de piano garantit une sonorité équilibrée et stable sur l’ensemble de l’instrument.

technique d'accordage de piano a berne

Outils de base pour la technique d’accordage de piano

Comme tout ne peut pas être résolu uniquement avec le sens du toucher, la technique d’accordage de piano nécessite des outils adaptés. L’équipement de base comprend un marteau d’accord professionnel ainsi que deux étouffoirs ou coins d’accord. Sur un piano à queue, l’accordeur de piano a un accès direct aux cordes disposées horizontalement et peut insérer les coins courts, d’environ 11 cm, par le dessus; ils sont généralement en caoutchouc ou en feutre (voir l’image ci‑dessous) et restent stables grâce à leur forme compacte.

Sur un piano droit, en revanche, les cordes sont disposées verticalement et partiellement masquées par les marteaux. L’accordeur de piano utilise donc des coins d’accord plus longs, d’environ 20 cm, en plastique, qu’il glisse entre les marteaux; leur forme en pince et un ressort intégré assurent une stabilité suffisante pour éviter qu’ils ne tombent sous l’effet de la gravité. Une fois en place, ces coins servent à étouffer certaines cordes afin qu’une ou deux seulement puissent vibrer et être accordées avec précision à l’aide du marteau d’accord — une étape essentielle de la technique d’accordage de piano.

Technique d'accordage de piano
Image ci‑dessus : l’accordeur de pianos étouffe les cordes 1 et 6 avec les deux coins d’accord (bouchons en feutre), puis accorde les cordes 3 et 4 en les ajustant à la hauteur des cordes 2 et 5 déjà accordées.
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Image ci‑dessus : L’accordeur de piano étouffe les deux cordes extérieures d’un chœur à l’aide de deux coins en feutre afin d’accorder la corde centrale avec précision.

La bande de tempérament

Sur l’image ci‑dessous, on observe la manière dont l’accordeur insère une bande de feutre rouge (bande de tempérament) entre les chœurs afin d’isoler les cordes centrales pour l’accord initial. Une fois ces cordes de référence réglées, il retire la bande et procède à l’accord des cordes restantes à l’oreille, en les alignant précisément sur les cordes centrales déjà accordées.

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Le marteau d’accord – l’outil central de la technique d’accordage de piano

Technique d'accordage de piano
Photo ci‑dessus: Tête du marteau d’accord avec la douille qui saisit un chevillon carré

Un marteau d’accord professionnel transmet des micro‑mouvements précis à la cheville, un geste central dans la technique d’accordage de piano. Sa douille, usinée avec une grande exactitude, s’emboîte sans jeu, tandis que le manche — en bois dur ou en fibre de carbone — permet d’appliquer un couple stable et maîtrisé. L’accordeur réalise de très légers ajustements, stabilise la cheville dans le bloc‑chevilles et contrôle immédiatement le résultat à l’oreille. Une fois la hauteur correcte atteinte, il « assoit » la cheville par une légère contre‑pression pour assurer la tenue de l’accord. L’outil doit être manipulé sans forcer, protégé des chocs et maintenu propre, car la douille est un élément de haute précision.

La tête, en acier trempé, constitue le noyau rigide du marteau et doit transmettre la force sans déformation. La douille — fixe ou interchangeable — y est insérée ; sa géométrie conditionne la finesse de contrôle, un paramètre essentiel dans toute technique d’accordage de piano.

Élément le plus précis de l’outil, la douille saisit le chevillon fermement grâce à un acier trempé légèrement élastique. Les embouts Star‑Tip améliorent l’adhérence et la répartition du couple. Ensemble, tête et douille forment l’interface décisive qui détermine la qualité de l’accordage.

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Le tempérament égal : un compromis devenu standard

Les pianos et pianos à queue sont accordés selon le tempérament égal, la technique d’accordage de piano utilisée depuis le XIXᵉ siècle pour la plupart des instruments à clavier. Dans ce système, l’octave est divisée en douze demi‑tons identiques de 100 cents chacun, correspondant à un rapport de fréquences constant de 1,06 (la racine douzième de deux). Ce rapport est appliqué sur tout le clavier, avec de légers ajustements dans les graves et les aigus. Cette technique d’accordage de piano garantit une sonorité homogène dans toutes les tonalités, sans en privilégier une seule.

L’inconvénient majeur est que seuls les intervalles d’octave sont parfaitement purs ; tous les autres présentent des battements plus ou moins perceptibles. Les quintes et les quartes restent relativement stables, tandis que les secondes, tierces, sixtes et septièmes montrent des battements plus marqués.

Sur les instruments à cordes sans frettes, comme le violon ou le violoncelle, les musiciens peuvent ajuster la justesse en temps réel pour obtenir des intervalles purs. Les instruments à vent disposent également d’une certaine flexibilité grâce au contrôle du souffle. Sur un piano, en revanche, les hauteurs sont fixées mécaniquement : les intervalles doivent donc être légèrement modifiés par rapport à leur pureté idéale pour respecter la division égale, un compromis inhérent à toute technique d’accordage de piano.

Technique d'accordage de piano
Kurt Wieland accorde un piano à Zermatt VS

Le stretched tuning : une exigence acoustique de l’accordage moderne

Avec l’aide de leur oreille, les accordeurs de piano peuvent accorder très précisément les harmoniques (partiels) qui vibrent dans le son — dans un piano, on les entend particulièrement bien. Mais dans un accord purement tempéré égal, les harmoniques des graves seraient perçus comme désaccordés par rapport aux fondamentales des aigus. La raison en est l’inharmonicité : les cordes d’un piano ne sont pas parfaitement élastiques, c’est pourquoi leurs partiels sonnent systématiquement un peu trop haut.

Pour compenser cet effet, on utilise dans cette technique d’accordage de piano ce qu’on appelle l’accord étiré (ou stretched tuning). Cela signifie que les notes graves sont accordées un peu plus bas, et les notes aiguës un peu plus haut, afin que les harmoniques des graves s’approchent harmonieusement des fondamentales des registres plus élevés. En même temps, cette technique d’accordage de piano compense la tendance psychoacoustique de l’oreille humaine à percevoir les sons aigus comme légèrement trop bas. La façon précise dont le « stretching » est appliqué dépend de la taille de l’instrument, donc de la longueur des cordes — idéalement, on aurait des cordes infiniment longues, car elles produiraient des partiels presque parfaits.

Dans un accord étiré, les cordes ne suivent donc pas une relation strictement linéaire avec la note de référence (par exemple le la³ = 440 Hz), mais une courbe de réglage : dans les graves, elle descend doucement, et dans les aigus, elle monte légèrement. Par conséquent, les notes octaviées ne sont pas accordées exactement selon le rapport théorique (par exemple 220 Hz, 110 Hz ou 880 Hz), mais un peu en dessous ou au-dessus — par exemple 219 Hz, 108 Hz ou 882 Hz.

Pour obtenir un étirement le plus finement gradué et calculé avec précision, j’utilise un logiciel spécialisé d’accordage. Si, à l’inverse, des instruments sont accordés de façon linéaire et avec seulement quelques paliers horizontaux (comme certains accordeurs le font), des octaves impures apparaissent surtout aux transitions. L’ensemble de l’instrument peut alors paraître déséquilibré sur le plan sonore. Un piano accordé le long de la courbe d’accord dans cette technique d’accordage de piano sonne harmonieux et pur.

téchnique d'accordage
Image : Courbe d’accord dans le stretched tuning, avec le la³ (en bleu) au centre du clavier.

L’accordage du piano sans aide électronique

Après avoir soigneusement accordé le la central (A3) à l’aide d’un diapason, l’accordeur commence à établir une tempérament égal dans la partie centrale du piano. Cette section, souvent appelée « octave d’accord » ou « registre central », comprend généralement les notes allant d’environ F3 à F4, ou de A3 à A4. L’objectif est d’accorder tous les demi-tons de cette plage de manière à ce qu’ils correspondent au système de tempérament égal. Cela signifie que chaque note n’est pas accordée de façon parfaitement pure, mais légèrement ajustée : les quintes sont intentionnellement légèrement resserrées, tandis que les tierces majeures sont un peu élargies par rapport à un système d’accord pur. Ces légères déviations produisent des battements caractéristiques – des motifs d’interférences audibles – qui permettent à l’accordeur de vérifier si l’intervalle est tempéré correctement. Ainsi se crée une répartition régulière des « impuretés » sur toutes les tonalités, ce qui permet au piano de sonner harmonieusement dans n’importe quelle tonalité.

Une fois que ce registre central est solidement établi, l’accordeur propage l’accord sur le reste de l’instrument. Pour ce faire, il accorde les sons plus graves et plus aigus principalement par intervalles d’octave, parfois aussi par quintes. Il veille à ne pas transmettre ni accentuer d’éventuelles erreurs provenant de la zone centrale. Pas à pas, il progresse ainsi à travers tout le spectre sonore, des notes les plus graves du registre basse jusqu’aux plus aiguës du registre aigu, contrôlant constamment si les nouvelles notes s’intègrent harmonieusement dans l’ensemble sonore déjà établi. C’est grâce à cette technique d’accordage de piano qu’un instrument bien accordé et musicalement équilibré prend peu à peu forme.

Les causes du désaccordage des pianos

Lorsque vous installez un nouveau piano chez vous, le sommier en bois et le cadre en fonte – qui supporte une tension de cordes pouvant atteindre 20 tonnes – doivent d’abord s’adapter au microclimat de votre logement. La tension de chaque corde évolue de manière différente. En hiver, les cordes se contractent légèrement et le son devient un peu plus aigu. Tous ces facteurs contribuent au fait que les pianos se désaccordent avec le temps.

Il est donc essentiel d’appliquer une technique d’accordage de piano adaptée à cette phase d’instabilité, afin de stabiliser progressivement la tension des cordes. Une technique d’accordage de piano rigoureuse permet également de compenser les variations hygrométriques et thermiques auxquelles l’instrument est exposé au quotidien.

Un piano se désaccorde généralement plus fortement durant la première année après un déménagement que dans les années suivantes, période durant laquelle un entretien régulier est particulièrement recommandé.

Facteurs qui contribuent au désaccord de votre piano, piano à queue ou clavecin :

  • Les variations de température ambiante au fil des saisons
  • L’état général, l’âge et la qualité de l’instrument
  • Le temps écoulé depuis le dernier accord
  • La pression exercée par les marteaux sur les cordes lors du jeu

Quel est le mécanisme d’un piano et combien de composantes compte l’instrument? Voyez la réponse ICI.

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